... Par ici.
Étrange coïncidence. Un album qui sort au moment précis où les conditions d'écoute sont optimales. Juste assez de mélancolie, pas trop d'enthousiasme ni de questions existentielles. Une bonne dose de Be Here Now dans la journée, suffisante pour savourer les premières notes de cet Empyrean, dixième album solo de John Frusciante.
J'ignore si cette review en aura véritablement la forme. Sûrement pas. La première écoute est toujours troublante avec ce sombre Frusci. Elle appelle systématiquement un résumé de sa vie, de ses déboires, de sa façon d'être. De ses "I don't want to be on MTV". Tout ce que j'apprécie chez lui. Sa sincérité. Ses solos à moitié faux mais tellement émouvants. Sa maison, sa bibliothèque, ses guitares. Ses morceaux qui le dévoilent dix fois plus que ne le ferait une interview de Jeune & Jolie longue de cinq pages.
Je me souviens avoir été agréablement surprise de l'ouverture du blog entièrement consacré à ce nouvel album. Mais aujourd'hui, j'ai seulement l'impression de lire une justification forcée, un mode d'emploi. Voilà comment j'ai créé cet album, voilà pourquoi, écoutez-le comme ça, et donnez vos impressions de cette façon. Il nous avait habitué à tout, mais pas à ça. Pourquoi se forcer à pondre des guidelines alors qu'un album (a fortiori un disque de Frusciante) ne s'écoute qu'au feeling ? Pourquoi il faudrait absolument boire du thé et pas du café quand on écoute du post rock brumeux et halluciné ? Johnny, sérieusement, pourquoi faudrait-il qu'on lise les paroles en écoutant tes morceaux ? No way mon grand.
Bon, j'arrête. Parce que malgré la pédagogie peu digeste dont il fait preuve, force est de constater que ce monsieur me fait de l'effet. Il arrive même à décrire ce que je ressens quand je tente (en vain) de décrire le plus rationnellement possible une musique qui me touche. Même si cela reste limité à "je prépare le terrain avant de sortir mon nouveau disque" :
Being that it takes place in the mind of one person, no laws of time and space, or concrete relationships exist therein. This is to say that if you look into it with your logical brain you will only strain yourself and come up with nothing. The words were specifically written to document an inner experience of life, the kind that a person has extreme difficulty translating to anyone else. Part of the intention was to write words to connect with other people who have been, or are, overwhelmed by the confusing, inescapable inner world they must live in.
Que dire ? J'ai déjà mes morceaux poulains. Ceux qui n'ont pas trop subi les exigences de son esprit torturé. Pas comme One More Of Me, par exemple. Peut-être que d'ici une quinzaine de jours je n'en dirai que du bien, pour l'instant... Non, je n'accroche pas au concept du "Wooow je suis tombé amoureux de ma table de mixaaage". Definitely not.
Pourtant, cette dernière minute, ces violons... Damn.
Mention spéciale à Song To the Siren, une reprise de Tim Buckley. A la première partie de Dark/Light également. Par contre, ce trip Era à la deuxième minute, très peu pour moi, merci.
Confirmation de la classieuserie dont fait preuve Central. C'est elle qui me rendra sourde. Plus de sept minutes. Monsieur Cheveux a déteint sur notre Frusci. Avantage, inconvénient... Ca dépend. En l'occurrence, j'aurais plutôt tendance à dire que ça lui ressemble totalement. Et en mode groupie : "cét chansson, él ai crô bél". Du rythme, de la détermination, des instruments dans tous les sens, une sorte de rock progressif empreint de cette marque de fabrique si spécifique.
Je me prosterne une énième fois devant Flea qui ne fait que des miracles avec ses folles lignes de basse. Comme sur Unreachable. Magnifique. Du vrai Frusciante. De la douceur, un peu de nostalgie, une pointe de mélancolie.
Un enchaînement parfait avec God. Toi là, je t'ai vu, tu as somnolé sur Unreachable, je vais m'occuper de ton cas. Beaucoup plus agressif. En même temps, le Frusciante plaintif que l'on entend les 96% du temps, ça fait du bien de le voir s'éclipser. Juste le temps d'un morceau.
Heaven? Un peu molle du bidon. La basse ne la sauve pas. Pas plus que les claviers. A mettre de côté.
On arrive à la feinteuse. Enough Of Me, qui commence d'une façon catastrophique. Et qui finalement se rattrape. In extremis. Juste avant la première minute. Juste avant de passer à la suivante.
A cet instant précis, je me surprends à rêver d'une tournée. D'une Boule Noire. Brutalement réveillée par son souhait de ne se concentrer que sur la création, et pas sur la promotion. Une petite douche froide qui rend un tantinet amère l'écoute de cet album.
Ça n'a pas changé, les périodes de révisions sont toujours propices à du dépoussiérage de bon gros mainstream.
La période tant redoutée faite d'emballage de cadeaux et de course aux rouleaux de Bolduc a commencé. Eprouvant. Surtout quand on a deux mains gauches. Alors on se jette à l'eau, en commençant par un énorme paquet. Devant la télé, bien sûr. Un reportage sur des commis en herbe, 16-17 ans, qui font leurs premiers pas dans des cuisines de restaurants renommés, du style l'Espadon, ou beaucoup plus modestes, comme cette charmante auberge dans le 95... Réservée bien entendu à celle qui n'a rien foutu de l'année.
Bref, à cause de ces djeun'z relativement peu motivés par le dressage de table, je n'ai pu "emballer" qu'un cadeau. Procrastination extrême.
L'iPhone me nargue. Il est toujours dans son emballage. Je ne pourrai l'utiliser qu'à partir du 1er janvier prochain. VDM.
Merveilleuse info chaude brûlante: Monsieur Cheveux (aka Omar Rodriguez Lopez) s'excitera sur sa guitare, comme il sait si bien le faire, au Point Ephémère le 12 mars 2009. J'en serai sûrement.
Back to Cujas cet après-midi. Joie. Bonheur. Reprendre les bonnes vieilles habitudes, ligne C, St Michel, (le Starbucks? Non, saymal), les poufs de 18 ans en première année qui se prennent pour des juristes pro, les 78° de cette BU. Vraiment, j'ai hâte.
En même temps, l'actualité du droit des marchés financiers ne viendra pas à moi toute seule avec ses petites pattes.
Malheureusement.
'Less is more than never que tu t'obstinais à me dire en baladant tes mains sur ma peau. Ca me faisait doucement sourire parce qu'à l'époque, je pensais avoir trouvé un truc. Que je tenais fort serré contre moi. Et j'avais même plus peur. On prenait la route tard dans la nuit ou tôt le matin, il faisait froid et je pleurais du givre. J'en avais rien à saquer. J'étais belle parce que t'étais là. Y'avait plus de monstres. Que dalle à part toi et ton chewing gum de playboy. Tu sais mon ange, je savais plus trop quoi faire quand tu m'as récupérée sur le bord de la route. Highway 61 Revisited et planque tes cocards ma belle, je t'emmène en voyage. Cash j'y ai cru. Si tu savais. T'en chialerais comme un môme sur le sable et ça te foutrait les glandes. A part crever, plus rien me foutait la trouille. Et encore. Je savais. Je savais que tu m'aurais jamais laissée filer. Tu marchais sur mon ombre et tu me piétinais pour que je reste sage. Et immobile. Tu m'as brisée et recollée. Tu m'as aimée. Si. J'te jure que tu l'as fait. Tu l'as dit et rêpété et pour que j'y crois, c'était pour de vrai. Et même si c'est pas vrai, je m'en tape au fond. Moi j'y ai cru. Tu sais mon ange, ton pick up c'était le paradis. C'était de l'or bleu dans tes yeux mauves. Du crack au fond des reins. C'était toi et moi contre eux tous. Tu te rappelles cette station où tu m'as larguée? Où j'ai balisé le sol de fleurs rouges et blanches. Où tu m'as cognée contre la glace. Où j'ai hurlé dans tes bras. Où je me suis rendue. Tu te rappelles quand tu m'as giflée si fort que j'ai rescusité? Et que tu chialais tellement t'avais flippé? On jouait à Bonny & Clyde. J'me disais que jamais ça finirait. J'en tremblais sec pourtant. Moi qui gueulait ivre morte, la tronche face au bitum, que j'aimerai jamais personne. Et tu t'es pointé. Et tout a changé. Finalement, c'est con l'amour. Putain ce que je hais ce mot. Il sonne méchant à l'oreille. Dégueulasse. Batard. C'est même pas beau. Alors que en fait. Je voyais du soleil qui courait sur ta bouche. De l'encens sous ta peau. Des paradis perdus. Et tes hanches opalines. Et moi. L'impossible brayarde conquise et mal apprise. Tu sais, j'ai traversé l'angoisse et l'écume du Styx pour te retrouver. J'ai craché du sang, t'ai maudit sous la lune. Je me suis saoûlée pour tenir sur mes cannes. J'ai chargé mes colts. Et je t'ai pisté. Les coyotes à mes trousses. En plein dans la brousse. Le désert merveilleux. J'ai croisé des shamans. Respiré des herbes folles. Avalé des scorpions. Je me suis laissée prendre. J'ai rongé mon courage. J'ai remballé mes larmes. Je suis morte, un jour. Quelque part entre les dunes. Y'avait du sel et des araignées qui me bouffaient les yeux. Mais toi t'étais parti. Pour de bon faut croire. Mai je t'aimais bordel. Je t'aimais. Alors j'ai continué. Dosed by you à jamais. Je me foutais en l'air. Et ça devait me plaire. Tu vois mon ange, aujourd'hui je pleure plus. J'attends juste de te croiser au bord de la route. Là haut oui bien sûr. Là haut. Quand moi aussi j'y serai passée. J'ai même pas chancelé quand je t'ai vu crevé, le pif dans le sang et la crasse sur la moquette. Y'avait du vent et de la poussière. Et toi t'étais mort avant moi. Même pas de ma faute. Quelle garce je faisais. J'ai fermé la porte. Lucky Strike au coin des lèvres. Je me suis mordu la bouche. Et je suis partie. Pour le retrouver. Celui qui t'as clamsé. Et crois moi, il va morfler.'
Le nez dans sa vodka, vieux fond country ringard, la princesse parle aux murs. Cow boys lubriques qui la toisent. Tarée la jolie môme. Elle cause aux morts. Mais bordel elle est bonne. Vas y cash prends le pari. Je vais m'la l'ver et elle va aimer. Elle fait plus gaffe. Elle boit point barre. Complètement barrée.
-Eh poupée t'as fini d'tchatcher? J'peux t'tirer?'
Las Vegas Parano. Own private Idaho. Je t'aime, je t'aime, je t'aime. Et je suis désolée.
Bon alors là... Jalousie, envie... Je veux écrire comme ça. Pareil. Narrer des instants qui se sont véritablement déroulés tout en les romançant, pouvoir broder, avoir un style d'écriture comme celui-ci. Un peu chancelant par moment, mais tellement brut et émouvant. La retranscription exacte de l'assurance de nos 17 ans, alliée à une étonnante naïveté. Révélatrice de l'absence de confrontation à toutes les étrangetés de la nature humaine. Bang bang, my baby shot me down. Et pour couronner le tout, j'aimerais pouvoir faire en sorte que les lecteurs retrouvent un peu de leur histoire dans certains passages. Tout comme moi en ce moment. Ça, c'est la classe ultime.
Bref, revenir dans le cocon maternel en période de fêtes, c'est pouvoir faire les magasins de 13 heures à 19 heures, se raconter tout ce que l'on n'a pas pu se dire au téléphone, et se regarder en plein milieu du supermarché pour lancer : "Bon allez...On prend du bison pour ce soir? Avec des gâteaux à la cannelle? De la crème de marron en tube? Du chocolat Milka? Banco!"
En résumé, pouvoir s'auto-céder en même temps nos caprices de filles. Conforter ces choix à l'extrême limite du raisonnable. Et ça, saycoule.
Comme prévu, le Massey Hall tourne en boucle depuis la nuit dernière. Je suis tombée amoureuse de Cinnamon Girl. De Cowgirl In The Sand. Redécouvert A Man Needs A Maid, Heart Of Gold, Old Man, The Needle & The Damage Done... Entre autres.
'tain, c'est beau. Il me ferait pleurer, ce taquin de Neil Young. A l'annonce de sa prochaine tournée, j'éviterai de faire la même bêtise qu'il y a deux ans (ou presque) : pas de refus, quel que soit le prix. J'écouterai les arguments d'Alain, le vrai fan'z. Enfin non, je n'en aurai même pas besoin.
Obligée de dire adieu au concert des Eagles Of Death Metal prévu pour le 27 janvier. Arriver au Nouveau Casino avec une valise, de retour de Bruxelles... Moyennement moyen. Une tournée devrait suivre un peu plus tard dans l'année. Hughes, je t'attends, toi et ta folle moustache.
Pour finir... Non, je ne peux pas y résister :
Me suis égarée en plein achat de cadeaux. J'ai cédé à la tentation des rayons du Virgin. J'ai vendu un rein pour un sombre import des Screaming Trees. Craqué à l'appel du sublime The Flying Club Cup de Beirut, sans pouvoir me contenter d'un simple dossier sur mon disque dur. Cherché, et trouvé cette perle, celui que je passerai en boucle pendant six mois, sans aucun doute (et sans me lasser) : le fameux Massey Hall de Neil 'i want a new ranch' Young.
En attendant, j'essaie de ne pas tenter de comprendre pourquoi la musique est tellement plus importante que tout le reste en ce moment, je boucle mes valises, et retourne en banlieue sud retrouver mon monstre poilu qui me manque terriblement.
Niais, oui, c'est le mot.
J'assume. Un peu.

on Bomb The Bass "Black River" (featuring Mark Lanegan)